Le transport routier en Afrique : Enjeux et perspectives

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Le transport routier en Afrique : Enjeux et perspectives

En Afrique de l’Ouest, le transport routier supporte l’essentiel des flux (environ 80% des échanges extérieurs en transit à partir des ports et plus de 90% des échanges intrarégionaux) et joue un rôle important dans l’intégration politique et économique des pays de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il permet de rapprocher les marchés.  Toutefois la libre circulation n’est pas une réalité tangible. Elle est fortement entravée par de nombreux obstacles. Le faible niveau de service dans les corridors routiers, les barrières physiques, les prélèvements illicites, les rackets systématiques, les retards dans le transport des marchandises entre les différents pays membres en sont les causes. Tout obstacle à la fluidité du trafic constitue ainsi un handicap pour la compétitivité des produits sur le marché mondial.

Selon le Centre Africain pour le Commerce, l’Intégration et le Développement (Enda CACID) Les exportations et réexportations intracommunautaires qui s’élèvent à 9185 millions $US par an représentent 53% du commerce intra régional (17436 millions $US par an) et 6% du commerce global de la région. Une étude de la Banque Mondiale, a montré qu’une baisse de 10% du coût des transports engendrerait sur le continent et dans la sous-région 25% d’augmentation du commerce.

Le multimodal

Il reste beaucoup à faire pour les pays membre de CEDEAO pour developper leur réseau routier d’une part, et trouver des solutions aux problèmes de transport de marchandise et des personnes d’autre part. En 2013, la densité estimée du réseau routier africain était la plus faible du monde avec 7 km pour 100 km2.

C’est un choix sine-qua-non pour la réussite de leur intégration économique et politique. Le Président du parlement de la Cedeao, Moustapha Cissé Lô, lors des travaux de la réunion de la commission mixte Infrastructures et Développement Industriel/Agriculture, environnement, ressources en eau et développement durable tenue à Cotonou en octobre dernier a declaré que « La vision de la Cedeao c’est de créer une région sans frontières ».

Pour développer ce réseau et faciliter le transport de marchandises et de personnes, la stratégie du continent se porte sur le multimodal. Ainsi le Congo a émis un appel d’offres en 2015 pour réhabiliter la ligne Congo-Océan qui relie Brazzaville à Pointe-Noire, la réhabilitation de la ligne ferroviaire Dakar-Bamako devrait dynamiser les échanges avec le Mali et une ligne a été ouverte en 2015 reliant la Zambie, la RDC et l’Angola. Ces travaux doivent permettre de multiplier par plus de cinq le tonnage de marchandises transportées. Le Gabon a lui aussi lancé un gigantesque programme de modernisation de son réseau routier et est passé de 817 km de routes bitumées en 2009 à 1451 km début 2015.

BMCC

Source : GROUPE DE LA BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT Département des Transports, du Développement Urbain et des TIC (divers documents)

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